L’HISTOIRE

En ce 15 octobre 2017, un grand soleil règne sur le sud-ouest et le cirque de Lescun. C’est, en effet, dans ce site magnifique que nous allons chercher des traces de fossiles (crinoïdes ? avec de la chance) dans les terrains du dévonien aux environs du pic de Billare.

Les Orgues de Camplong (photo MM)

Vers 10 heures nous attaquons la montée depuis Sanchèze, par la cascade en direction du lac et du cayolar d’Anaye. Le début de la grimpée est plutôt rude mais la vue est splendide.

Après un escalier de pierre taillé aménagé dans la paroi, nous retrouvons des zones plus verdoyantes et poursuivons notre progression dans une belle forêt de hêtres colorée par l’automne.

Avant d’entrer en forêt, vue sur le Bidet. (photo MM)

Puis on progresse en forêt sur un chemin facile agrémenté de quelques cailloux :

(photo MM)

Après une heure environ de progression, on attaque une partie plus raide et caillouteuse, mais les pierres sont bien en place et il n’y a pas a priori de risque d’éboulis ou de dérapage.

Pourtant c’est dans un des derniers virages de cette montée vers le plateau, que l’un des notres, surnommé Gastou Lougafayre, bascule et chute, littéralement aspiré par le vide sur sa droite (11 h 45).

Sa frayeur est grande quand il voit le rocher en contrebas (2,40m environ) se rapprocher à grande vitesse de sa tête et il dira s’être vu mourir. Heureusement dans un ultime reflexe (merci au judo) il réussit à pivoter et c’est l’épaule qui vient en premier au contact de la roche.

Demeurant conscient, il fait le point des dégats : estafilade au dessus des yeux, base du nez et machoire douloureux, lèvre ouverte, entaille interne de la joue et saignements, enfin et surtout une incapacité totale à bouger épaule et bras droits.

Par malchance, il était le dernier du groupe et se retrouve donc blessé et isolé. Gastou appelle donc à l’aide avant de réussir à sortir de son sac une bouteille d’eau et du paracétamol qu’il ingurgite sans attendre.

Quelques instants plus tard (une éternité à ses yeux) Guy et Marie-Claude, qui ont fait demi-tour à sa recherche, le rejoignent puis Eric arrive également. Gastou a dans son sac quelques bandes de gaze, ses compagnons s’en servent pour immobiliser le bras. Ceci fait, ils cherchent à appeler les secours, de l’endroit même et depuis le plateau d’Anaye, mais aucun réseau ne semble accessible dans cette zone. L’inquiétude commence a apparaître à l’idée de la difficulté du trajet de retour …

Environ une heure après, un groupe de randonneur qui rentre de sa ballade croise notre route. Il est encadré par une accompagnatrice professionnelle qui propose d’appeler les secours avec son téléphone mobile. Nous lui faisons part de nos essais infructueux mais elle insiste et rejoint le plateau, deux virages au dessus, et réussit à contacter le PGHM d’Oloron : la procédure d’évacuation est déclenchée.

Guy et Eric soutiennent alors Gastou et l’aident à rejoindre le plateau et l’aire d’atterrissage prévue pour Dragon 64.

La suite est sans histoire, arrivée de l’hélicoptère avec un médecin et deux gendarmes (la première fois que Gastou les trouve sympathiques – et c’est vrai qu’ils font preuve d’un dévouement et d’une attention exemplaires) ; la médicalisation de Gastou qui a droit aux substances illégales, et rapatriement sur l’hopital de Pau.

Gastou Lougafayre attend l’hélico

LES LECONS DE L’HISTOIRE :

La cause

Elle demeure mystérieuse, s’agit-il :

  • de l’état des chaussures (rangers) mais Gastou n’a aucun souvenir d’un quelconque dérapage ;
  • de fatigue ou vertige ? un contrôle de glycémie avait eu lieu dans le quart d’heure précédent et était satisfaisant ;
  • d’un mouvement brusque ayant provoqué un déséquilibre : Gastou soupçonne une rotation trop impétueuse dans le virage.

Les éléments bénéfiques

  • Gastou avait un nécessaire de secours relativement fourni.

Les facteurs aggravants

  • Gastou était isolé ; ceci aurait pu s’avérer dramatique en cas de perte de concience.
  • La difficulté d’appeler les secours : sans eux la descente aurait été plus que problématique.

Premiers enseignements

  • Prévoir un casque dans tous les environnements rocailleux.
  • Etre sûr de disposer d’un kit de premier secours suffisant (couverture de survie, bandages, pansements, …).
  • Ne laisser personne en arrière même si la distance parait proche.
  • Etre muni des documents suivants : Carte nationale d’identité, carte vitale, attestation de mutuelle, personnes à contacter.